Le Shanga

Trois écoles
 

 


Les trois principales branches
du Bouddhisme


Bouddhisme theravâda,

l'école des anciens


Le bouddhisme ancien, connu sous le nom de bouddhisme hīnayāna ("petit véhicule"), regroupe plusieurs écoles, Si plusieurs classifications sont débattues, bouddhistes et chercheurs s'accordent grosso modo à reconnaître dans le bouddhisme dix-huit écoles anciennes.

Les adhérents de l’évolution doctrinale appelée « grand véhicule » ont donné le nom péjoratif de « hînanâna » (petit véhicule) aux écoles qui n’ont pas suivis cette reforme. Hinayâna et theravâda sont des termes souvent employés l’un pour l’autre, malgré les objections de nombreux pratiquants du theravâda.

Le courant Theravada met aussi l'accent sur l'éthique, le renoncement à la vie sociale laïque, le don, la méditation vipassana (observation de tout ce qui apparaît; émotions, douleurs, pensées ...).C’est une forme de bouddhisme qui considère que seuls les moines peuvent atteindre le salut. Cependant, il existe au moins un sutta (discours du bouddha) qui affirme que le nibana (nirvana du theravâda, la libération) peut être atteint par les laïcs comme par les moines, même si c'est plus difficile.

Le courant Theravada, dont la tradition méditative très riche commence à être découverte par l’Occident, se veut l’héritier de la doctrine originelle du Bouddha. La « doctrine des Anciens » s'appuie sur un canon rédigé en pāli nommé Triple corbeille ou Tipitaka, comprenant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha, recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard.

Le bouddhisme theravâda (en pāli « doctrine des Anciens », sanskrit sthaviravāda) est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est (Sri Lanka, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos, parties du Vietnam), parmi les Chinois d’Indonésie et de Malaisie ainsi que chez certaines ethnies du sud-ouest de la Chine. Son implantation en Occident est plus récente que celle des courants zen ou vajrayâna.



Bouddhisme mahāyāna (grand véhicule)


Mahāyāna est un terme sanscrit signifiant « grand véhicule ». Le bouddhisme mahāyāna apparaît vers le début de l’ère chrétienne dans l'Empire kouchan et dans le Nord de l’Inde, d’où il se répand rapidement au Tarim et en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient.


Ce courant se réfère aux soutras du théravada, et à de nouveaux soutras qui auraient été enseigné par le Bouddha après sa mort. Il enseigne que tout être a déjà en lui la nature de Bouddha et peut par conséquent espérer atteindre l’éveil. Il introduit en plus une dimension altruiste en postulant que le sage ne peut accepter d’entrer dans le nirvana (l’état de libération) tant qu’il reste de la souffrance dans le monde. Ce sage « retourne » parmi ses frères de douleur pour les aider à se libérer. Ce héros de la compassion est appelé un bodhisattva.


Le Zen est une école du mahāyāna.

Bodhidharma, un maître bouddhiste indien des V e et VIe siècles PCN, alla porter l’enseignement du Bouddha en Chine. De la rencontre avec le taoïsme naîtra l’école Ch’an Arrivant au XIIe siècle au travers de la Corée, au Japon, elle prit le nom japonais de Zen (déformation japonaise du mot chinois Ch’an).


Bouddhisme vajrayāna


Le vajrayāna est une forme de bouddhisme, nommée aussi bouddhisme tantrique, issue du mahāyāna. Il contient des éléments qui l'apparentent à l'hindouisme et particulièrement au shivaïsme cachemirien. Au Tibet, le vajrayāna et le Bön, religion locale, se sont influencés réciproquement.

Son nom sanskrit signifie « véhicule », yāna, de vajra, c'est-à-dire de « diamant » (indestructible et brillant comme l'ultime réalité), et de « foudre » (destructrice de l’ignorance et rapidité fulgurante). On appelle aussi ce véhicule mantrayāna et tantrayāna, puisqu’il fait appel aux mantras (mouvement rituels des mains) et tantras (prières rituelles); on trouve aussi le nom guhyayāna « véhicule secret », donc ésotérique.

La principale différence avec le Mahayana réside dans ses pratiques spirituelles. Le Vajrayana propose des méditations différentes, sur des divinités par exemple, et des pratiques de yoga, et à la différence du Théravada, le pratiquant ne cherche pas à éviter le désir mais plutôt à utiliser son énergie.

Il est surtout pratiqué de nos jours dans la région himalayenne (Tibet, Népal, Sikkim, Bhoutan, aux confins ouest et au nord de la Chine, au nord de l’Inde) et aussi au Japon depuis le 7ème siècle à travers les écoles du Shugendo, du Shingon & Tendai. On le trouve aussi en Mongolie et dans quelques régions de la Fédération de Russie (Oblasts d’Amour et de Tchita, Républiques de Touva, de Bouriatie et de Kalmoukie, Krai de Khabarovsk). Il serait la forme de Bouddhisme le plus souvent choisie par les non-Asiatiques, devant le Zen.
 

Le Bouddhisme tibétain

La rencontre entre bouddhisme et Tibet fut établie au VIIIe siècle, notamment par un érudit indien du nom de Shântirakshita et par le yogi Padmasambhava (le « né du lotus »). Le Tibet était alors travaillé par une spiritualité profonde à la fois animiste et polythéiste le Bön. Bien que différent d'origine, le Bön tibétain est presque à tous égards un vajrayāna non-bouddhiste Ce fond culturel originel est toujours vivace dans le bouddhisme tibétain actuel : l’architecture et les ornements des temples et monastères en témoignent à foison.


moines et mandale

Le bouddhisme tibétain connaît, encore aujourd’hui, quatre grandes écoles : l’école originelle est l’école Nyingmapa ; au XI e siècle, le traducteur Marpa fonda l’école Kagyüpa alors que l’école Sakyapa apparaissait par ailleurs ; au XIV e siècle, Tsongkhapa fonda la quatrième et dernière école : l’école Gelugpa qui est celle dont le chef et guide est le Dalaï-Lama, quatorzième réincarnation de son fondateur.

Chacune des écoles du bouddhisme tibétain se distingue par sa manière particulière d’opérer la mise en conformité des doctrines philosophiques et des pratiques de méditation. Mais pour toutes ces écoles le salut peut être atteint par l'étude ésotérique en une seule vie.
 


Pour tous les bouddhistes,


La pratique des préceptes du bouddhisme conduit à la purification de soi, par soi-même. Elle libère des tracas, des doutes, des peurs, des obsessions, de la colère, de la haine, de l’aversion, de l’avidité, de l’emprise des sens, du désir et surtout de la vue fausse de soi (l’ignorance de soi-même et du monde). Elle permet de vivre dans l’instant présent, et conduit à la réalisation de la nature ultime et fondamentale de l’individu qui mène à la paix intérieure, au bonheur suprême, le Nirvana. Mais le Nirvana est au-delà de la logique et du raisonnement, il ne peut donc être expliqué,  il doit être réalisé par chacun.